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Dans l’atelier de Don Juan ~ Une histoire de bois, de cacao et de liens

il y a 4 jours
4 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 9 heures



En février 2026, nous sommes allés à Santa María de Rayón, dans l’État de Mexico, découvrir l’atelier Arteollin Alonso et rencontrer Don Juan et son fils Juan Esteban, artisans de molinillos de père en fils, représentant respectivement les quatrième et cinquième générations de ce savoir-faire familial.


Nous voulions voir de près comment naissent ces ustensiles en bois utilisés pour préparer le cacao. Fascinés par la beauté de leur travail artisanal et touchés par l’authenticité de la rencontre, nous avons choisi de faire une place à leurs molinillos dans la boutique ONE Love Cacao.



🎥 Un aperçu de notre visite à l’atelier Arteollin Alonso ~ Du travail du bois au partage d’un repas · 34 s


Voir naître un molinillo

Dans l’atelier, le bois tourne et la pièce prend forme sous les outils de Don Juan. Les reliefs se dessinent, puis vient la décoration. Pour obtenir les marques sombres, il applique un autre morceau de bois contre la pièce en rotation: le frottement produit une brûlure qui colore la surface.


Le choix du bois compte lui aussi. Don Juan utilise un bois d’aulne appelé aile, également connu dans certaines régions du Mexique sous le nom de palo de águila, «bois de l’aigle». Il nous explique qu’il le choisit notamment pour son absence d’odeur, afin de préserver les arômes de la boisson.


Voici la vidéo de la fabrication d’un molinillo, conservée dans son intégralité pour vous permettre de suivre les gestes de Don Juan et le rythme de son travail.



🎥 Naissance d’un molinillo ~ Façonnage au tour à bois · 14 min 50 s


« Pour moi, un molinillo représente ma vie »

Lorsque nous lui demandons ce que cet objet représente pour lui, Don Juan évoque sa famille et ses ancêtres. Ce métier lui a permis de faire vivre les siens et d’élever ses enfants, mais aussi de faire connaître son travail au-delà de son atelier, jusqu’à d’autres pays. Aujourd’hui, son fils Juan Esteban Alonso Torre travaille à ses côtés et perpétue à son tour ce savoir-faire. Dans les mots de Don Juan, le molinillo porte toute une vie de travail et une histoire familiale qui continue de s’écrire.



🎥 Don Juan raconte ce que le molinillo représente pour lui · 1 min 46 s


Les liens que le cacao tisse

Juan Esteban souligne quelque chose qui nous touche: dans la région où ils vivent, le cacaoyer ne pousse pas. Pourtant, cette plante relie leur famille à d’autres territoires depuis plusieurs générations, grâce à l’artisanat du molinillo.


Il nous raconte que, dès l’époque de ses grands-parents, leur famille envoyait de nombreux molinillos à Oaxaca, où la préparation du chocolat occupe une place importante. Au fil de ces échanges se sont tissés des liens qu’il décrit comme une véritable fraternité culturelle. Aujourd’hui, leurs créations voyagent aussi vers d’autres pays, tandis que des visiteurs viennent jusqu’à leur atelier pour découvrir leur travail.


Ce lien entre lieux de production et lieux de consommation existait bien avant l’arrivée des Espagnols. Sur les hauts plateaux du centre du Mexique, Tenochtitlan, l'ancienne capitale aztèque située près de l’actuelle ville de Mexico, recevait du cacao provenant de régions tropicales, notamment par les échanges et les tributs. Les boissons préparées avec ses fèves étaient particulièrement appréciées des élites mexicas, mais aussi consommées par les marchands pochtecas, notamment lors de cérémonies (cf. notre page Histoire du cacao).


Au Musée national d’anthropologie de Mexico — dont nous recommandons vivement la visite à toutes et à tous —, nous avons été interpellés par l’étendue des réseaux d’échange qui reliaient les territoires mésoaméricains bien avant l’arrivée des Européens. Parmi les marchandises circulant entre des régions parfois très éloignées figuraient l’obsidienne, les céramiques, les coquillages, les pigments, mais aussi les fèves de cacao.


Nous aimons les tissages. Ces découvertes résonnent pour nous avec l’alchimie la plus subtile et magique que nous inspire la Plante du cacao, soit cette capacité à créer des liens et à réveiller la créativité, qui s’exprime ici dans l’artisanat du molinillo et les échanges entre territoires et peuples éloignés.



🎥 Juan Esteban évoque l’histoire familiale et les liens tissés autour du cacao  · 3 min 26 s


Chaque molinillo est unique

Au fil du travail, Don Juan imagine les formes et les décorations: ajouter un détail, en retirer un autre… Chaque pièce porte sa singularité. Dans cet extrait, il nous parle de sa créativité et explique comment prendre soin du molinillo.





Bien plus qu’une visite

Déjà accueillis avec un petit-déjeuner offert, nous ne pouvions pas repartir vers seize heures sans avoir partagé le déjeuner avec la famille ! Au menu, notamment : des tortillas, du guacamole et même des spaghettis, que nous avons particulièrement appréciés.


Avant de prendre congé, nous sommes allés ensemble à l’église du village découvrir le molinillo de 4,25 mètres que Don Juan a offert à la paroisse et qui est exposé sur la chaire.


Nous nous sommes retrouvés début septembre 2026 à la foire du chocolat de Mexico, avec la joie de nous revoir.

Don Juan est un homme de grand cœur. Merci à lui et à sa famille pour leur accueil et le partage de leur savoir-faire. Nous espérons que ces images vous transmettront un peu de la chaleur de cette rencontre.



Sakara · Pour le projet ONE Love Cacao




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